Les recherches sur le jeûne intermittent ont été menées principalement sur des populations masculines ou mixtes. Les données humaines suggèrent que le système hormonal des femmes, en particulier l'axe hypothalamo-hypophyso-ovarien (HPO), peut réagir différemment des hommes aux signaux de restriction calorique. Certaines femmes constatent des changements dans la régularité de leurs cycles menstruels ou leur taux de cortisol lorsqu'elles suivent des protocoles de jeûne agressifs. Une approche plus progressive, tenant compte du cycle menstruel, est souvent mieux étayée par les données actuelles.
Points clés à retenir
- Les recherches sur le jeûne intermittent sont principalement menées sur des populations masculines ou mixtes, ce qui limite les preuves spécifiques aux femmes et les rend souvent peu concluantes.1
- L'axe hypothalamo-hypophyso-ovarien (HPO) est sensible aux signaux de disponibilité énergétique. Les neurones kisspeptines, qui régulent la sécrétion de GnRH, sont influencés par l'état métabolique et peuvent réagir à une restriction calorique.4,5
- Dans une étude, un régime alimentaire à durée limitée (TRE) avec une perte de poids modérée (3-4 %) n'a pas modifié de manière significative les niveaux d'hormones sexuelles chez les femmes préménopausées ou ménopausées souffrant d'obésité.2
- Chez les femmes atteintes du syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), une fenêtre TRF de 8 heures a été associée à une amélioration des marqueurs androgéniques et de la résistance à l'insuline dans le cadre d'un petit essai clinique.3
- Les signes indiquant qu'un protocole de jeûne peut ne pas convenir à une personne sont notamment des irrégularités menstruelles, une anxiété accrue, une fatigue persistante et des troubles du sommeil. Ceux-ci signalent la nécessité d'ajuster ou de réduire l'intensité du jeûne.
- Commencer par une période de jeûne de 12 heures et l'ajuster progressivement, en tenant compte de la phase du cycle menstruel, est une approche plus prudente et plus cohérente pour les femmes qui découvrent le jeûne.
- Un apport nutritionnel adéquat pendant les périodes d'alimentation, en particulier en fer, magnésium et protéines, est important pour les femmes qui pratiquent toute forme de jeûne intermittent.
Chapitre 1 : Pourquoi la physiologie hormonale des femmes est importante pour le jeûne
Le jeûne intermittent fait l'objet de nombreuses discussions dans les communautés de santé et de bien-être, mais la plupart des recherches fondamentales ont été menées sur des participants masculins, en particulier des hommes minces et athlétiques, ou sur des populations mixtes où les femmes n'ont pas été analysées séparément. Cela est important car l'architecture hormonale du corps féminin diffère fondamentalement de celle du corps masculin, et ces différences peuvent affecter la façon dont le corps réagit à la restriction calorique et aux périodes de jeûne prolongées.
Au cœur de la physiologie reproductive féminine se trouve l'axe hypothalamo-hypophyso-ovarien (HPO). Ce système de régulation coordonne les signaux hormonaux qui régissent le cycle menstruel, l'ovulation et la fertilité. L'hypothalamus libère l'hormone de libération des gonadotrophines (GnRH) selon un schéma pulsatile, qui à son tour signale à l'hypophyse de libérer l'hormone lutéinisante (LH) et l'hormone folliculo-stimulante (FSH), qui agissent ensuite sur les ovaires.
Une molécule clé dans cette cascade est la kisspeptine, un neuropeptide qui agit comme un puissant régulateur en amont de la sécrétion de GnRH. Les neurones à kisspeptine sont très sensibles à l'état métabolique. Des recherches ont montré que ces neurones intègrent les signaux liés à la disponibilité énergétique, notamment la leptine, l'insuline et la ghréline, et transmettent ces informations métaboliques aux neurones à GnRH.4 Dans les cas d'équilibre énergétique fortement perturbé, qu'il s'agisse d'un jeûne prolongé, d'un exercice physique excessif ou d'un trouble alimentaire, la signalisation de la kisspeptine peut être supprimée, ce qui réduit la pulsatilité de la GnRH et peut altérer la cascade hormonale en aval.5
Ce mécanisme est bien décrit dans l'aménorrhée hypothalamique fonctionnelle, une affection dans laquelle une faible disponibilité énergétique perturbe le cycle menstruel. La question clé pour la recherche sur le jeûne intermittent est de savoir si des protocoles de jeûne de courte durée ou modérés produisent des effets similaires. D'après les données actuelles chez l'être humain, la réponse semble être : probablement pas chez la plupart des femmes, à condition que le jeûne ne soit pas associé à un apport calorique total très faible. Cependant, la variabilité individuelle est réelle et certaines femmes peuvent être plus sensibles que d'autres aux signaux de disponibilité énergétique.
La conclusion importante à tirer de cette physiologie n'est pas que le jeûne est nocif pour les femmes, mais que les protocoles de jeûne agressifs, en particulier ceux qui créent un déficit énergétique important, présentent un profil de risque différent pour les femmes et pour les hommes. L'axe HPO n'a pas d'équivalent dans la physiologie masculine, et cette distinction mérite d'être comprise avant de concevoir une pratique de jeûne.
Rythmes circadiens hormonaux et moment du jeûne
Une autre source de complexité pour les femmes concerne l'interaction entre le jeûne et les rythmes hormonaux circadiens. Des recherches sur les fluctuations hormonales pendant le jeûne ont montré que le moment de la fenêtre alimentaire peut avoir une incidence sur les hormones concernées.6 Par exemple, une étude examinant le jeûne intermittent et les hormones reproductives chez les femmes a révélé que lorsque la consommation alimentaire était limitée au début de la journée (avant 16 heures), des changements plus importants dans les marqueurs androgènes étaient observés chez les femmes préménopausées souffrant d'obésité.1 La signification clinique de cette découverte pour les femmes ayant un poids santé n'est pas encore établie, mais elle suggère que le moment de la fenêtre alimentaire, et pas seulement sa durée, peut avoir son importance.
Chapitre 2 : Ce que montrent réellement les preuves humaines sur le jeûne intermittent chez les femmes
Les recherches disponibles sur le jeûne intermittent chez les femmes sont de plus en plus nombreuses, mais elles restent limitées en termes de portée, de durée et de diversité de la population. La majorité des essais sur le jeûne intermittent ont recruté des populations mixtes ou n'ont pas stratifié les résultats par sexe. Les analyses spécifiques aux femmes sont donc limitées à une base de données plus restreinte, et cette mise en garde doit être prise en compte pour évaluer le degré de fiabilité des affirmations concernant les effets du jeûne intermittent chez les femmes.
Ce qu'a révélé une analyse clé
Une étude réalisée en 2022 par Cienfuegos et ses collègues a examiné tous les essais cliniques disponibles sur l'effet du jeûne intermittent sur les niveaux d'hormones reproductives chez les femmes et les hommes.1 Cette étude, publiée dans la revue Nutrients, a révélé que le jeûne intermittent était associé à une diminution du taux de testostérone et de l'indice d'androgènes libres, ainsi qu'à une augmentation de la globuline liant les hormones sexuelles (SHBG) chez les femmes préménopausées souffrant d'obésité. Les auteurs ont noté que cet effet était plus susceptible de se produire lorsque l'apport alimentaire était limité au début de la journée. Il est important de noter que le jeûne ne semblait pas affecter les niveaux d'œstrogènes, de gonadotrophines (LH, FSH) ou de prolactine chez les femmes dans les études examinées. Les auteurs ont également souligné que les recherches futures devraient inclure spécifiquement les femmes en périménopause et ménopausées, populations pour lesquelles aucune étude n'existait à l'époque.
Effets sur les hormones sexuelles chez les femmes préménopausées et ménopausées
Une analyse secondaire publiée dans Obesity (2023) a examiné comment 8 semaines d'alimentation à durée limitée (fenêtre alimentaire de 4 à 6 heures) affectaient les stéroïdes sexuels chez les femmes préménopausées et ménopausées souffrant d'obésité.2 Après l'intervention, le poids corporel a diminué de 3 à 4 % dans les deux groupes. Cependant, la testostérone, l'androstènedione et la SHBG n'ont pas changé de manière significative chez les femmes préménopausées ou ménopausées. Les auteurs de l'étude ont noté qu'il s'agissait d'une petite analyse secondaire nécessitant une confirmation par des essais plus importants et plus puissants, spécialement conçus pour étudier les résultats hormonaux chez des femmes d'âges différents.
Ces conclusions comportent une nuance importante. Les participantes à cette étude étaient des femmes obèses, et le degré de perte de poids était modeste. Cette étude ne permet pas à elle seule de déterminer si ces conclusions s'appliquent aux femmes minces, aux femmes sans dysfonctionnement métabolique ou aux femmes suivant des protocoles de jeûne plus agressifs.
IF et SOPK
Un domaine dans lequel des preuves spécifiques aux femmes sont en cours de développement concerne le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), une affection caractérisée par un hyperandrogénisme, une anovulation et une résistance à l'insuline. Une étude clinique publiée dans le Journal of Translational Medicine a examiné l'effet d'une période d'alimentation limitée à 8 heures par jour pendant 6 semaines chez 30 femmes diagnostiquées avec un SOPK anovulatoire.3 L'intervention a été associée à une réduction significative de l'IMC, du rapport taille-hanches, de l'indice d'androgènes libres et des marqueurs de résistance à l'insuline (HOMA-IR). Les auteurs ont décrit des améliorations des profils hormonaux reproductifs chez les participantes. Il s'agit de résultats préliminaires issus d'une petite étude non randomisée qui ne doivent pas être généralisés, mais ils suggèrent une piste qui mérite d'être approfondie.
Avantages métaboliques : preuves générales
Plus largement, une revue globale publiée dans JAMA Network Open (2021), qui examine les méta-analyses d'essais cliniques randomisés, a révélé que le jeûne intermittent était associé à une amélioration de l'IMC, du poids corporel, de la glycémie à jeun et de la pression artérielle chez les adultes.7 Une revue globale ultérieure, publiée en 2024, a également trouvé des preuves soutenant les effets du jeûne intermittent sur la réduction de la masse graisseuse.8 Ces revues ne concernaient pas spécifiquement les femmes et soulignent que le jeûne peut produire des résultats métaboliques significatifs, tout en mettant en évidence le manque de preuves spécifiques aux femmes.
Chapitre 3 : Jeûne en fonction du cycle menstruel : travailler avec votre cycle menstruel
L'un des aspects les plus pertinents de l'IF pour les femmes ayant un cycle menstruel régulier est le concept d'adaptation de l'intensité du jeûne à la phase du cycle. Le cycle menstruel implique des changements spectaculaires des niveaux hormonaux au cours de ses 28 jours environ, et ces changements ont des effets réels sur la faim, les niveaux d'énergie, la qualité du sommeil et la réactivité au stress. Ignorer ces fluctuations naturelles lors de la conception d'un protocole de jeûne peut rendre celui-ci plus difficile à maintenir et créer un stress physiologique inutile.
La phase folliculaire (jours 1 à 14)
La phase folliculaire commence le premier jour des règles et se termine à l'ovulation. Au cours de cette phase, le taux d'œstrogènes augmente progressivement et de nombreuses femmes rapportent une amélioration de leur énergie, de leur motivation et de leur clarté mentale, en particulier dans les jours qui suivent les règles. La faim a tendance à être moins forte que pendant la phase lutéale et la tolérance du corps à la restriction calorique est généralement plus élevée. Pour les femmes qui choisissent de pratiquer le jeûne intermittent, cette phase est généralement mieux tolérée pour les fenêtres alimentaires plus longues (16:8 ou même plus courtes) car l'œstrogène a des effets modulateurs sur l'appétit et favorise le métabolisme énergétique.
La phase lutéale (jours 15 à 28)
La phase lutéale suit l'ovulation et se caractérise par une augmentation puis une baisse du taux de progestérone. Au cours de cette phase, le métabolisme basal augmente légèrement, la progestérone stimule l'appétit et de nombreuses femmes ressentent une faim plus importante et des envies alimentaires, en particulier pendant la semaine précédant les règles. L'activité de la sérotonine et du GABA peut également être plus sensible aux signaux nutritionnels pendant cette phase, ce qui contribue à une vulnérabilité de l'humeur si la restriction calorique est trop agressive. Appliquer le même protocole de jeûne pendant la phase lutéale que pendant la phase folliculaire peut donc être plus difficile et potentiellement contre-productif pour certaines femmes.
Une approche pratique tenant compte du cycle consisterait à maintenir une fenêtre alimentaire plus souple (10 à 12 heures) pendant la phase lutéale, en mettant l'accent sur la densité nutritionnelle plutôt que sur la restriction, tout en appliquant une fenêtre de jeûne modérée (14 à 16 heures) pendant la phase folliculaire, lorsque la tolérance est généralement plus élevée. Il ne s'agit pas d'une prescription rigide, mais d'un cadre général aligné sur la réalité physiologique du cycle menstruel.
Priorités nutritionnelles par phase
Quelle que soit la durée du jeûne, la qualité de l'alimentation pendant la période de prise alimentaire est très importante. Pendant la phase folliculaire, les glucides complexes, les protéines maigres et les aliments riches en fer favorisent la reconstitution du fer perdu pendant les menstruations. Pendant la phase lutéale, les aliments riches en magnésium (légumes verts à feuilles foncées, noix, légumineuses) peuvent aider à réguler l'humeur et la fonction musculaire. Le magnésium contribue au fonctionnement psychologique normal et aide à réduire la fatigue et l'épuisement, selon les allégations approuvées par l'EFSA, ce qui rend un apport adéquat particulièrement important pour les femmes pendant cette phase du cycle.
Chapitre 4 : Signes indiquant que le protocole de jeûne ne vous convient pas
Le jeûne intermittent n'est pas une stratégie universellement appropriée pour toutes les femmes à toutes les étapes de leur vie. Il est essentiel d'être attentif aux signaux physiologiques, en particulier au cours des premières semaines suivant l'adoption d'un nouveau protocole de jeûne. Les indicateurs suivants sont significatifs et peuvent indiquer qu'une approche actuelle du jeûne doit être ajustée :
Changements du cycle menstruel
Les changements dans la durée, le flux ou la régularité du cycle après le début d'un protocole de jeûne méritent d'être notés. Des variations mineures occasionnelles sont normales, mais un raccourcissement constant du cycle, l'absence de règles ou une modification substantielle du flux après plusieurs semaines de jeûne doivent inciter à réévaluer l'intensité du jeûne, l'apport calorique total et le volume d'exercice. Ces changements peuvent indiquer que l'axe HPO réagit aux signaux de restriction énergétique.
Anxiété accrue ou troubles de l'humeur
Le jeûne peut temporairement augmenter le taux de cortisol, la principale hormone du stress de l'organisme. Pour les femmes dont la réactivité au cortisol est déjà élevée ou qui subissent un stress important dans leur vie, l'augmentation du taux de cortisol liée au jeûne peut contribuer à accroître l'anxiété, l'irritabilité ou l'instabilité de l'humeur. Si ces symptômes apparaissent ou s'aggravent après le début d'un protocole de jeûne, ils constituent un signal indiquant qu'il faut réduire la durée ou la fréquence du jeûne.
Fatigue persistante ou baisse des performances physiques
Une brève période d'adaptation fatigante au cours de la première semaine de jeûne intermittent est courante. Cependant, une fatigue qui persiste au-delà de deux à trois semaines ou une baisse soutenue de la capacité physique peuvent refléter un apport calorique insuffisant, des troubles du sommeil ou des changements hormonaux qui méritent une attention particulière. Il convient d'examiner la qualité du sommeil et l'apport énergétique total avant d'attribuer la fatigue uniquement au jeûne.
Perte de cheveux
L'effluvium télogène, une forme de chute de cheveux diffuse déclenchée par un stress physiologique, une carence nutritionnelle ou une perte de poids rapide, peut apparaître plusieurs mois après un changement alimentaire important. Si une perte de cheveux notable apparaît après l'adoption d'un protocole de jeûne, l'apport calorique total et la densité en micronutriments (en particulier le fer, le zinc et les protéines) doivent être évalués.
Perturbation du sommeil
Certaines femmes trouvent que le jeûne, en particulier lorsque la période de jeûne se prolonge jusqu'au soir et à la nuit, affecte la qualité de leur sommeil. Les fluctuations du cortisol ou de la glycémie liées à la faim peuvent perturber l'architecture du sommeil. Si le jeûne coïncide avec des troubles du sommeil qui n'étaient pas présents auparavant, il peut être utile d'avancer la période d'alimentation dans la journée.
Quand consulter un professionnel de santé
Si l'un des symptômes ci-dessus persiste et est clairement lié à un changement alimentaire, il convient de consulter un professionnel de santé qualifié. Les femmes enceintes, celles qui essaient de concevoir, celles qui allaitent ou celles qui ont des antécédents de troubles alimentaires doivent aborder le jeûne intermittent avec une prudence particulière et demander l'avis d'un professionnel avant d'apporter des changements importants à leurs habitudes alimentaires.
Chapitre 5 : Un protocole de démarrage adapté aux femmes
Sur la base des preuves et des connaissances actuelles en matière de physiologie hormonale féminine, ce qui suit représente un cadre de départ prudent et réfléchi pour les femmes intéressées par le jeûne intermittent. Il ne s'agit pas d'une prescription, et les réactions individuelles peuvent varier.
Semaines 1-2 : La fenêtre de 12 heures
Commencez par aligner la fenêtre alimentaire sur les rythmes circadiens naturels. Une fenêtre alimentaire de 12 heures (par exemple, de 7 h à 19 h ou de 8 h à 20 h) est un point de départ modéré qui permet un jeûne nocturne de 12 heures, déjà réalisable pour la plupart des gens. Pendant cette période, concentrez-vous sur l'établissement de habitudes alimentaires riches en nutriments avant d'introduire d'autres restrictions.
Semaines 3-4 : raccourcissement progressif
Après deux semaines de jeûne de 12 heures, si aucun symptôme indésirable n'apparaît, la fenêtre alimentaire peut être raccourcie d'une à deux heures. Un protocole 14:10 (14 heures de jeûne, 10 heures de fenêtre alimentaire) est une approche modérée et bien tolérée par de nombreuses femmes. Surveillez votre humeur, votre énergie, vos symptômes menstruels et votre sommeil pendant cette phase.
Variation selon la phase du cycle
À partir de là, envisagez d'appliquer une variation en fonction des phases du cycle. Utilisez la fenêtre de jeûne légèrement plus longue (14-16 heures) pendant la phase folliculaire, lorsque la tolérance a tendance à être plus élevée. Revenez à la fenêtre plus courte (12-13 heures) pendant la phase lutéale, en particulier pendant la semaine précédant les règles, lorsque la faim et la sensibilité émotionnelle sont généralement plus élevées.
Que manger pendant la période d'alimentation
La qualité de l'alimentation pendant la période de prise alimentaire est tout aussi importante que le moment où elle est consommée. Pour les femmes, les priorités spécifiques comprennent un apport suffisant en protéines (pour préserver la masse maigre), des aliments riches en fer (particulièrement importants pour les femmes menstruées), des légumes verts à feuilles pour le magnésium et le folate, des graisses saines pour la synthèse hormonale et diverses sources de fibres pour la santé intestinale. Un complément multivitaminé et minéral bien formulé, conçu pour compléter une alimentation saine, peut contribuer à couvrir les besoins en micronutriments les jours où la variété alimentaire est limitée.
Mise en garde pour les femmes actives
Les femmes qui s'entraînent régulièrement à une intensité modérée à élevée doivent être particulièrement attentives à leur apport énergétique total. La combinaison de longues périodes de jeûne et d'un volume d'exercice élevé peut créer un schéma de faible apport énergétique qui exerce un stress supplémentaire sur l'axe HPO. Si les performances diminuent ou si des symptômes hormonaux apparaissent, il est généralement plus approprié de réduire l'intensité du jeûne avant de réduire le volume d'exercice.
Questions-réponses : le jeûne intermittent et les femmes
Le jeûne intermittent est-il sans danger pour toutes les femmes ?
Le jeûne intermittent ne convient pas à toutes les femmes. Les femmes enceintes, celles qui essaient de concevoir, celles qui allaitent ou celles qui ont des antécédents de troubles alimentaires doivent faire preuve de prudence et demander conseil à un professionnel de santé avant de commencer tout protocole de jeûne. Pour les femmes adultes en bonne santé qui ne présentent pas ces caractéristiques, les approches de jeûne modéré sont généralement bien tolérées, bien que les réactions individuelles varient.
Le jeûne intermittent perturbera-t-il mon cycle menstruel ?
Les données humaines actuelles ne confirment pas que le fait de manger de manière modérée et à des heures limitées perturbe le cycle menstruel chez la plupart des femmes.2 Cependant, des protocoles de jeûne très agressifs, associés à un déficit calorique important et à un volume d'exercice élevé, peuvent affecter l'axe HPO chez certaines femmes. Les changements menstruels sont un signal indiquant qu'il faut réévaluer l'intensité du jeûne plutôt qu'une certitude lorsqu'on commence le jeûne intermittent.
Le jeûne intermittent a-t-il une incidence sur le taux d'œstrogènes chez les femmes ?
Une analyse des essais cliniques a révélé que le jeûne intermittent ne semblait pas avoir d'effet significatif sur les niveaux d'œstrogènes ou de gonadotrophines (LH, FSH) chez les femmes dans les études examinées.1 La plupart des changements observés concernaient les marqueurs androgènes (testostérone et indice d'androgènes libres), principalement chez les femmes obèses ou atteintes du SOPK. Les données scientifiques sur les effets de l'œstrogène chez les femmes de poids normal restent très limitées.
Le protocole de jeûne 16:8 est-il adapté aux femmes ?
De nombreuses femmes pratiquent un jeûne de 16 heures sans effets indésirables apparents. Cependant, il peut être plus approprié pour certaines femmes de commencer par un jeûne plus court (12 à 14 heures) et de progresser graduellement, en particulier si elles sont novices en matière de jeûne, très actives ou en phase lutéale de leur cycle. Le protocole 16:8 peut être mieux réservé à la phase folliculaire, lorsque la tolérance est généralement plus élevée.
Que signifie « synchronisation du cycle avec le jeûne » ?
La synchronisation du cycle avec le jeûne consiste à ajuster la durée de la période de jeûne en fonction de la phase du cycle menstruel. Pendant la phase folliculaire (environ du 1er au 14e jour), des périodes de jeûne plus longues peuvent être mieux tolérées en raison d'un taux d'œstrogènes plus élevé et d'une faim moins importante. Pendant la phase lutéale (environ du 15e au 28e jour), l'appétit augmente et les besoins nutritionnels peuvent être plus élevés, ce qui rend une période d'alimentation plus courte ou moins restrictive plus appropriée pour de nombreuses femmes.
Le jeûne intermittent peut-il aider à lutter contre le SOPK ?
Une petite étude clinique a montré qu'une alimentation limitée à 8 heures par jour était associée à une amélioration des marqueurs androgènes et de la résistance à l'insuline chez les femmes atteintes du syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) anovulatoire.3 Il s'agit de conclusions préliminaires et aucun protocole de jeûne n'a été établi comme traitement du SOPK. Toute intervention alimentaire pour le SOPK doit être discutée avec un professionnel de santé qualifié.
Quels sont les signes avant-coureurs qui m'indiquent que je dois arrêter ou modifier mon jeûne ?
Les principaux signes avant-coureurs sont notamment des changements dans la régularité ou le flux menstruel, une anxiété accrue, une fatigue persistante pendant plus de deux à trois semaines, des troubles du sommeil ou une perte de cheveux notable. Ces signes indiquent que le protocole de jeûne actuel peut créer plus de stress physiologique que de bénéfices, et qu'il convient de réduire la durée ou l'intensité totale du jeûne.
Le jeûne intermittent fonctionne-t-il de la même manière pour les femmes et les hommes ?
La plupart des recherches sur le jeûne intermittent ont été menées sur des populations masculines ou mixtes, ce qui limite les comparaisons directes. L'axe HPO représente une caractéristique distincte de la physiologie féminine qui n'a pas d'équivalent chez l'homme, et les neurones kisspeptines qui régulent les hormones reproductives sont sensibles aux signaux de disponibilité énergétique.4 Cela fournit une justification physiologique expliquant pourquoi les femmes peuvent avoir besoin d'adopter une approche du jeûne plus progressive et plus attentive à leur cycle que celle généralement recommandée dans les conseils généraux.
FAQ
Qu'est-ce que le jeûne intermittent pour les femmes ?
Le jeûne intermittent pour les femmes fait référence à des schémas structurés d'alimentation limitée dans le temps, adaptés à la physiologie féminine, en particulier à la variabilité hormonale du cycle menstruel. Contrairement aux protocoles IF standard développés principalement à partir de populations masculines, une approche spécifique aux femmes tient compte de la sensibilité de l'axe HPO à la disponibilité énergétique, de la faim et des changements métaboliques liés à la phase du cycle, ainsi que des réponses hormonales individuelles lors de la conception des fenêtres de jeûne.1
Pourquoi le jeûne intermittent est-il différent pour les femmes ?
Les femmes possèdent un axe hypothalamo-hypophyso-ovarien (HPO) qui régule les hormones reproductives et est sensible aux signaux métaboliques. Les neurones kisspeptines de cet axe transmettent des informations sur la disponibilité énergétique aux neurones GnRH, qui régulent le cycle reproductif.5 Dans les états de faible disponibilité énergétique, ce système peut être régulé à la baisse. De plus, les fluctuations hormonales tout au long du cycle menstruel affectent la faim, la dépense énergétique et la réactivité au stress, ce qui signifie qu'un protocole de jeûne unique appliqué de manière uniforme tout au long du mois peut être sous-optimal pour de nombreuses femmes.
Quel est le meilleur protocole de jeûne intermittent pour les femmes ?
Il n'existe pas de protocole unique établi par la recherche comme étant optimal pour toutes les femmes. Une approche conservatrice consiste à commencer par un jeûne nocturne de 12 heures, puis à passer à 14:10 si cela est bien toléré, avec des ajustements en fonction de la phase du cycle : une période de jeûne plus longue pendant la phase folliculaire et une période plus courte ou plus flexible pendant la phase lutéale. La réponse individuelle, le niveau d'activité, la qualité globale de l'alimentation et le stade de la vie (y compris le statut de grossesse et l'âge) doivent guider le choix du protocole. Il est conseillé de consulter un professionnel de santé pour obtenir des conseils personnalisés.
Le jeûne intermittent peut-il avoir un effet sur les hormones chez les femmes ?
Des preuves humaines suggèrent qu'une alimentation modérée à durée limitée ne modifie pas de manière constante les niveaux d'œstrogènes ou de gonadotrophines chez la plupart des femmes.2 Certaines modifications des marqueurs androgéniques ont été observées chez les femmes préménopausées souffrant d'obésité, en particulier celles qui mangent tôt dans la journée.1 Les preuves scientifiques concernant les effets hormonaux chez les femmes de poids normal suivant des protocoles de jeûne modéré sont actuellement insuffisantes pour tirer des conclusions définitives.
Le jeûne intermittent est-il sans danger pendant la phase lutéale ?
La phase lutéale se caractérise par une élévation du taux de progestérone, une augmentation du métabolisme basal et une augmentation de l'appétit et de la faim par rapport à la phase folliculaire. L'application d'une période de jeûne stricte pendant la phase lutéale peut être plus difficile à maintenir et peut créer un stress physiologique supplémentaire pour certaines femmes. Une fenêtre alimentaire plus courte et plus flexible (12-13 heures) pendant la phase lutéale, mettant l'accent sur les aliments riches en nutriments, constitue une approche plus conservatrice et plus respectueuse de la physiologie.
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